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paysage
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Régis
08:34

Un temps suspendu au sens propre comme figuré. J’ai d’abord été accueilli par ces mots « Burger King », « Drive », « Notaires ». J’ai une envie irrésistible de les combiner mais rien ne vient.

Le temps, c’est sur lui que mon esprit se focalise, je ne suis plus dans le temps, mais je ne suis pas hors du temps.

Le temps n’est pas linéaire, tout semble se répéter dans un faux infini : 

Les mêmes différentes voitures s’arrêtent aux mêmes endroits, les mêmes différents vélos grillent le même feu, les mêmes différents piétons empruntent le même trottoir. Le temps n’est pas cyclique car le mouvement s’accélère. Le temps est spiral.

Le monde extérieur m’ignore, alors que j’ai les yeux rivés sur lui. Les passants ne lèvent pas les yeux, je suis le témoin de leur singularité. Les démarches rapides du jogger ou du retardataire qui veut sauter dans le tram, les démarches nonchalantes d’un samedi matin sans travail, les démarches interrompues des maîtres et de leurs chiens qui cherchent un petit coin de pelouse... Les démarches virevoltantes d’inconnus accrochés à leur portable.

Et puis soudain « blouson vert » lève les yeux, me voit, il est surpris, il me fait signe de la main, je suis de retour dans le monde. 

Plus tard ce sera un goéland qui passera tout près de la vitre avant d’aller se poser sur le toit de l’immeuble d’en face. Je réalise que pendant une heure, je suis comme lui, le goéland posé sur le toit à regarder le monde qui s’agite.

Les couleurs sont belles au petit matin, les nuages bas bleu-pétrole qui s’estompe vers un rose poudré, jusqu’à un bleu éclatant.

Je n’ai pas levé les yeux au ciel, je les ai descendus vers le monde, les clochers de l’église m’ont rappelé que le temps passe.

Je suis de retour, juste un peu plus riche des sensations de l’éveil.