Je garderai une myriade de photos en tête à l’issue de cette veille. Non pas une vidéo d’une heure mais bien une série d’instantanés, plus ou moins longs, une série de sensations.
Au début, mon regard s’attardait sur le proche : les gens passent, le tram, les piétons affairés à l’idée de rentrer chez eux. Puis s’éloignent, ou découvrent les lumières tournoyantes du manège, des clochers dont on tente d’imaginer la localisation exacte.
Et le lointain calme arrive. À la fin de cette longue séquence, le regard est inlassablement attiré par le mouvement. Je ne dois pas beaucoup bouger, car je suis invisible à cette cohue.
Le soleil passe sous les nuages, il illumine les façades, redore de couleurs les espaces environnants.
En cet instant fugace, les Caennais me voient, me saluent, s’attardent. Est-ce leur rythme de déambulation qui change ou le fait que je sois passé dans la lumière ? Qu’importe, leur regard posé sur moi, mon regard échange sur eux. Je retourne petit à petit à mon invisibilité, mais nourri de jolies sensations. Merci pour cette expérience très lumineuse.